Le mouvement contre l’exploitation sexuelle des enfants, dont le Congrès mondial est le symbole, se compose d’une large gamme d’intervenants qui travaillent partout dans le monde et à tous les niveaux afin de protéger les enfants contre l’exploitation sexuelle : les gouvernements, à travers leurs structures et leurs institutions, la société civile, les ONG, les enfants, les chercheurs et le secteur privé.

Les structures de collaboration entre les différents secteurs et acteurs qui ont contribué au succès des précédents congrès sont également présents au 3ème Congrès mondial : les gouvernements, les organismes de l’ONU et les ONG travaillent ensemble pour promouvoir et encourager une participation mondiale au congrès.

Participation des gouvernements

Participation des ONG et de la société civile

Participation des enfants et des jeunes

En tant que pays hôtes des deux premiers congrès en 1996 et 2001, les gouvernements de la Suède et du Japon sont chargés, avec le gouvernement du Brésil, d’inviter les autres gouvernements à venir planifier et promouvoir les actions à mener à l’échelle mondiale contre l’exploitation sexuelle des enfants. La participation des gouvernements au Congrès Mondial a joué un rôle central dans l’accomplissement des buts fixés. La participation des gouvernements est donc d’une importance cruciale dans la direction donnée aux actions internationales prises contre l’exploitation sexuelle des enfants mais aussi, et de façon plus importante encore, dans l’obtention des engagements nécessaires pour mettre en place les mesures juridiques, sociales, stratégiques et économiques à l’issue du congrès.
Sept cent dix-huit représentants de 122 gouvernements ont assisté au Congrès mondial de Stockholm en 1996 et des délégués de 136 pays (dont 35 états qui n’avaient pas participé au premier Congrès mondial) ont participé au congrès de Yokohama en 2001. Plus de 1000 délégués gouvernementaux venus de 130 pays sont attendus au Congrès mondial au Brésil.

Délégations

Le gouvernement hôte invite officiellement les autres gouvernements. L’invitation appelle les gouvernements à désigner une délégation ministérielle composée de représentants des différents organismes étatiques responsables de l’enfance et de la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle. Les délégations gouvernementales sont constituées en général d’un à cinq représentants des ministères tels que le ministère de la justice, des affaires sociales (Ministère pour la famille et les enfants, Ministère pour la femme et les enfants), de la santé, du travail, des affaires étrangères, etc., mais aussi de l’ambassadeur, du président de la commission parlementaire sur les droits de l’homme, du Conseiller sur les droits de l’homme, etc.

Rapports

Il est demandé aux gouvernements de faire le compte-rendu des actions prises au niveau national depuis le dernier congrès pour lutter contre l’exploitation sexuel des enfants. Ces informations doivent s’inscrire dans le cadre du Plan d’action : prévention, protection, rétablissement et réhabilitation, rapatriement, participation des enfants et des jeunes et coopération internationale. Ces comptes-rendus sont une obligation officielle et constituante du congrès.

Processus de participation

Un représentant gouvernemental, en général celui de plus haut rang dans la délégation, présente un rapport qui souligne les différentes mesures ou obstacles majeurs dans le contexte de la lutte contre l’ESEC au sein du pays en question. L’objectif est d’avoir un exposé concis (qui ne dure pas plus de 10 minutes) sur problèmes et les analyses-clés issues des expériences de chaque pays à partager avec les autres nations et états membres d’ECPAT.

Les représentants gouvernementaux participent aussi à titre d’experts lors des tables-rondes, groupes de travail, comités d’élaboration, ateliers, et comités de discussion.

Les ONG et autres membres de la société civile qui ont travaillé auparavant dans les communautés et avec les enfants et initié le processus qui a mené au premier Congrès Mondial, verront ces mêmes efforts discutés, maintenus et développés lors du 3ème Congrès mondial.

Délégués

Les ONG et autres délégués de la société civile venus d’une large variété d’organisations qui travaillent directement avec les enfants sur le problème de l’exploitation sexuel seront présents au congrès. Ceux ci comprennent les organismes de recherche spécialisés, des groupes et organisations qui fournissent un soutien aux enfants en situation d’urgence, des centres d’accueil et des abris, des centres pour la réforme juridique, des services d’assistance téléphonique, des organisations locales, des services d’intervention pédiatriques VIH/SIDA, des centres de ressources et de documentation, etc. Etant donné que de nombreux groupes et organisations présents au congrès travaillent sur le terrain dans des circonstances très diverses, leurs expériences et connaissances seront extrêmement utiles dans la mise oeuvre du programme qui servira à élaborer le document final, les discussions du congrès, et surtout, le soutien et le suivi nécessaire après le congrès.

Processus de participation

Les ONG et les membres de la société civile peuvent participer au processus de plusieurs façons. Préalablement au congrès, ils peuvent promouvoir et participer aux différents processus de mobilisation à travers les forums nationaux qui feront le bilan des progrès faits dans la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle. Nombre d’entre eux ont déjà organisé des réunions entre organisations spécialisées dans l’enfance ainsi que des consultations avec les enfants qui participent à leurs programmes. Les résultats de ces consultations apporteront des éléments importants aux préparations régionales et pourraient être utilisés, selon les structures de chaque pays, dans les rapports étatiques pour le Congrès et autres rapports pour de futures conventions ainsi que par des institutions internationales.

De même, les ONG :

1- servent de sources d’information sur les précédents congrès, les réunions de bilan à moyen-terme, et l’histoire et le contexte du mouvement que symbolise le congrès.
2- travaillent avec les ministères qui composeront les délégations étatiques. Souvent les délégations sont composées de personnes qui ne travaillent pas directement sur l’ESEC dans leur pays. Les ONG peuvent les aider à mieux comprendre et à mieux participer en leur fournissant des informations précises et à jour.
3- organisent des réunions pour discuter du congrès avec les ministères concernés, les autres ONG, l’ONU et les associations qui luttent contre le problème de l’exploitation sexuelle, les enfants et les jeunes et, enfin, le secteur privé. Les réunions avec ces personnes–clés serviront à promouvoir la collaboration et la participation dans les activités du congrès aux niveaux national et régional. Ces réunions stimuleront la réflexion sur les éléments majeurs concernant le type de politique nécessaire pour combattre ce fléau et qui seront ensuite portés au congrès pour formuler les actions à prendre à l’échelle mondiale.
4- Encouragent et soutiennent les efforts par les gouvernements, les ONG et les enfants à rédiger le rapport officiel pour le congrès et à planifier une participation active dans les différents forums du congrès.
5- Facilitent une bonne participation des enfants au congrès. Par exemple, elles peuvent élaborer des documents adaptés aux enfants sur les différents thèmes du congrès, tenir des réunions pour les enfants en préparation des consultations régionales et nationales et du congrès lui-même, organiser le voyage des enfants et l’encadrement par des adultes si nécessaire, prendre en compte leur expertise dans certaines discussions thématiques du congrès, participer en tant qu’experts dans les réunions régionales, travailler ensemble pour promouvoir le processus de participation des enfants et des jeunes, etc.

Rôles au congrès

Les ONG et autres membres de la société civile feront peut-être partie des délégations officielles des gouvernements ou participeront indépendamment. Aux ONG et aux autres groupes de la société civile, enfants et représentants du secteur privé seront donnés de nombreuses occasions de participer. Tous sont encouragés à assumer un rôle actif en tant qu’invités ou membre de comités lors des table-rondes, groupes de travail, comités d’élaboration, ateliers, etc.

Type de délégation

Le 1er Congrès mondial à Stockholm en 1996 a établi un précédent en invitant les jeunes à travailler avec des représentants gouvernementaux de haut rang, des organisations de la société civile et des experts techniques. Le résultat de cette collaboration positive a été que la « participation des enfants » est devenue un des piliers de du Plan d’Action et reste dispositif-clé dans la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants.

Le 2ème Congrès mondial a fait appel à une large gamme d’enfants et de jeunes en offrant des possibilités à l’échelle régionale et mondiale pour prendre en compte leurs recommandations et solutions pour combattre l’ESEC, d’où « l’appel à la jeunesse de Yokohama ». Depuis, les gouvernements et les organisations de la société civile ont fait montre d’un plus grand engagement dans la promotion de la participation des enfants contre l’exploitation sexuelle. Il y a, par exemple, des politiques et des projets au sein des Plans d’action nationaux qui impliquent les enfants et les jeunes, souvent dans le cadre du soutien entre pairs.

En utilisant ces expériences et ces succès comme une assise, le 3ème Congrès mondial entreprend une forte préparation pour la participation des jeunes et des enfants. Un plus grand nombre d’enfants et de jeunes participeront en tant qu’ « experts » afin d’apporter leurs connaissances et de donner de participation dans le combat contre l’exploitation sexuelle. Ils proposeront aussi des recommandations concrètes sur l’amélioration des structures, des mécanismes, et des allocations de ressources au sein des gouvernements et de la société civile pour une meilleure participation des enfants et des jeunes.

Le gouvernement brésilien a créé une commission spéciale pour superviser la participation des enfants et des jeunes au 3ème Congrès Mondial. Les processus nationaux et régionaux sont déjà en cours avec des enfants qui organisent des évènements pour leur permettre de partager leurs avis et leurs idées. Près de 300 délégués de la jeunesse sont attendus au Congrès (150 délégués internationaux et 150 brésiliens).

Processus de participation

Les enfants et les jeunes dans certaines régions organisent déjà des évènements pour faire de la sensibilisation sur l’exploitation sexuelle et promouvoir le 3ème Congrès mondial. Dans de nombreux pays, les gouvernements et la société civile organisent ensemble des consultations nationales sur le thème de l’exploitation sexuelle et choisissent les jeunes qui participeront aux réunions préparatoires, qui par la suite permettront de sélectionner les enfants et adolescents qui participeront au 3ème Congrès mondial. Beaucoup de consultations régionales préparatoires comprendront des forums pour les jeunes participants afin de les préparer le mieux possible pour leur participation dans les discussions et conclusions régionales et thématiques.
Au cours de ces préparations, l’accent sera mis sur:

• Le lien entre les jeunes et les initiatives de la jeunesse dans chaque région afin d’assurer une bonne participation lors du 3ème Congrès mondial et pour mieux préparer le suivi après le congrès.

• Une meilleure représentation et participation d’un noyau d’enfants et de jeunes qui sont des jeunes personnes à risque ou des anciennes victimes d’exploitation sexuelle à des fins commerciales et qui participent activement dans le travail de sensibilisation. La priorité sera donnée aux enfants et jeunes qui sont déjà impliqués dans divers projets et programmes pour combattre l’exploitation sexuelle et la traite des enfants.

• Donner aux jeunes un mandat pour discuter et partager leurs expériences et leurs opinions sur le thème de l’exploitation sexuelle en se concentrant sur les solutions.

• Définir de façon claire les objectifs et le processus par lequel les enfants, les adolescents et les jeunes prendront part au congrès, dont un bon encadrement fondé sur la protection de l’enfance, qui permettra une participation sans risque et en accord avec des principes d’une participation des jeunes de qualité (par exemple le principe de la confidentialité).

Rôle au congrès

Les enfants et les jeunes seront invités à participer activement dans les séances, ateliers, tables-rondes, discussions, relations avec les médias et autres évènements tels que les expositions ou programmes culturels.